UV Ray
Icon
18 août 2026

Arrêt maladie en portage salarial : combien touchez-vous en 2026 ?

« Je suis salarié en portage. Si je suis en arrêt maladie pendant trois semaines, je continue à toucher mon salaire ? »

La question arrive rarement au moment où l’on compare deux sociétés de portage. On regarde plutôt le TJM, le net restitué ou, pour ceux qui ont l'œil moins affuté, les frais de gestion. Pourtant, avec un salaire de 5000 € ou 6000 € brut, quelques semaines d’arrêt suffisent pour découvrir que les indemnités de la Sécurité sociale sont très loin du revenu habituel.

En portage salarial, on bénéficie bien du régime maladie des salariés lorsque les conditions sont remplies. Le montant réellement perçu dépend ensuite des IJSS, de l’ancienneté dans la société de portage et de la prévoyance.

Combien touche-t-on pendant un arrêt maladie en portage salarial ?

Pour un arrêt maladie ordinaire débutant à compter de juillet 2026, l’Assurance Maladie verse au maximum 42,97 € brut par jour. L’indemnisation commence en principe au quatrième jour (après trois jours de carence).

À partir du huitième jour, un complément légal de l’employeur peut intervenir (à vérifier avec votre société de portage). Pour un salarié ayant entre 1 et 5 ans d’ancienneté, IJSS et complément employeur permettent d’atteindre 90% de la rémunération brute pendant 30 jours, puis 66,66% pendant les 30 jours suivants.

Sur un arrêt plus long, la prévoyance conventionnelle du portage salarial prévoit une franchise de 90 jours continus, puis une garantie à 80% du salaire brut, après déduction des prestations versées par la Sécurité sociale.

Une société de portage peut prévoir davantage. La convention autorise les garanties d’entreprise plus favorables et l’employeur doit remettre au salarié une notice détaillant les garanties effectivement souscrites.

Votre TJM ne sert pas à calculer les IJSS

Prenons un consultant qui facture 800€ HT par jour et perçoit régulièrement 6000€ brut par mois.

La CPAM ne calcule pas son indemnité à partir de son TJM. Elle utilise la moyenne des salaires bruts des trois mois précédant l’arrêt. L’IJSS correspond à 50% du salaire journalier de base.

Le calcul théorique sur 6 000€ donnerait :

6 000 € × 3 ÷ 91,25 × 50% = 98,63 € par jour.

Mais le salaire utilisé par la CPAM est plafonné à 1,4 Smic mensuel, soit 2 613,83 € pour les arrêts débutant à partir de juillet 2026. L’IJSS s’arrête donc à 42,97 € brut par jour.

Un consultant payé 6 000 € brut et un autre payé 8 000 € peuvent ainsi toucher exactement la même IJSS maximale.

Pour comprendre pourquoi la CPAM regarde le salaire et non le montant facturé au client, il faut revenir à la mécanique du statut : comment fonctionne le portage salarial reprend le chemin complet entre chiffre d’affaires, cotisations et rémunération.

Les trois premiers jours : aucune IJSS de la CPAM

Pour une maladie ordinaire, les trois premiers jours constituent le délai de carence. L’Assurance Maladie commence à indemniser le quatrième jour et verse ensuite les IJSS pour chaque jour calendaire. Des exceptions existent, notamment pour certaines prolongations, certaines affections longue durée (ALD) et les accidents du travail.

Sur un arrêt de 30 jours avec l’IJSS maximale :

27 × 42,97 € = 1 160,19 € brut d’IJSS.

Ces indemnités supportent 6,2% de CSG et 0,5% de CRDS. Elles sont également soumises à l’impôt sur le revenu, sauf notamment celles versées au titre de certaines ALD exonérantes.

Après CSG-CRDS, les 1 160,19 € représentent environ 1 082 € avant impôt sur le revenu.

Ce chiffre correspond uniquement à la partie financée par la Sécurité sociale. Un éventuel complément employeur vient ensuite modifier la rémunération du mois.

L’arrêt maladie ne fonctionne d’ailleurs pas comme une période de congés. Pour comprendre cette autre mécanique, on a détaillé séparément les congés payés en portage salarial, leur calcul et leur paiement.

À partir du huitième jour, l’ancienneté devient importante

Le maintien légal employeur obéit à plusieurs conditions. L’une d’elles compte particulièrement lorsqu’on vient de se lancer en portage : il faut avoir au moins un an d’ancienneté dans l’entreprise au premier jour de l’arrêt.

Avec une ancienneté de 1 à 5 ans, le régime légal prévoit 30 jours à 90% de la rémunération brute, puis 30 jours à 66,66%. Les IJSS font partie de ces montants : l’employeur verse le complément nécessaire pour atteindre le niveau prévu.

Une société peut appliquer un dispositif plus favorable. C’est pour cette raison que la notice de prévoyance et les règles internes sont plus utiles qu’une affirmation générale du type « votre salaire est maintenu ».

Thomas touche 6 000 € brut et s’arrête pendant un mois

Thomas est consultant IT. Il travaille avec sa société de portage depuis 18 mois et son salaire tourne autour de 6 000 € brut par mois.

Son médecin lui prescrit 30 jours d’arrêt.

Pour visualiser le mécanisme, on ramène volontairement son salaire à 200 € brut par jour sur un mois théorique de 30 jours. Une vraie fiche de paie utilisera une méthode plus précise pour traiter l’absence ; les montants servent ici à comprendre l’ordre de grandeur.

Pendant les trois premiers jours, Thomas n’a pas d’IJSS.

Du quatrième au septième jour, il perçoit uniquement :

4 × 42,97 € = 171,88 € brut.

À partir du huitième jour, son ancienneté lui ouvre le complément légal. Les 23 jours restants sont représentés ici au niveau de 90% :

200 € × 90% × 23 = 4 140 €.

Cela donne environ :

171,88 € + 4 140 € = 4 311,88 € brut de revenu de remplacement.

Thomas aurait touché environ 6 000 € brut en travaillant normalement.

Sur cette simulation, l’écart approche donc 1 700 € brut sur un seul mois.

Sur 90 jours, la baisse devient beaucoup plus visible

Prolongeons l’arrêt de Thomas.

Avec 18 mois d’ancienneté, il bénéficie d’abord de 30 jours au niveau de 90%, puis de 30 jours à 66,66%. Une fois ces 60 jours de complément employeur consommés, il reste encore 23 jours avant d’atteindre le 91e jour.

Sur 90 jours, notre simulation donne :

4 jours d’IJSS seules : 171,88 €

30 jours à 90% : 5 400 €

30 jours à 66,66% : environ 4 000 €

23 jours d’IJSS seules : 988,31 €

Au total, Thomas reçoit un ordre de grandeur d’environ 10 560€ brut sur 90 jours, contre 18 000€ pour trois mois complets à 6 000€.

Ce n’est pas une fiche de paie reproduite au centime. Le chiffre montre surtout l’endroit où le revenu décroche : après l’épuisement du maintien légal et avant l’entrée en jeu de la prévoyance longue.

C’est précisément le genre de situation qu’un simulateur de revenu classique ne montre pas. Il part généralement d’un nombre régulier de jours facturés et suppose que le consultant travaille chaque mois. On explique cette limite dans notre article Simulation portage salarial : pourquoi il ne faut pas vous y fier.

Antoine tombe malade quatre mois après avoir quitté son ESN

Antoine a travaillé huit ans en ESN. Il quitte son CDI et démarre une mission en portage salarial.

Quatre mois plus tard, un problème de santé l’arrête pendant trois mois.

Son expérience professionnelle ne lui donne pas huit ans d’ancienneté chez sa société de portage. Pour le complément légal maladie, le seuil d’un an s’apprécie dans l’entreprise qui l’emploie au moment de l’arrêt.

Antoine n’a donc pas droit au complément légal présenté plus haut, sauf si son employeur applique une règle plus favorable.

S’il remplit les conditions d’ouverture des droits CPAM et touche l’IJSS maximale, 87 jours sont indemnisés sur son arrêt de 90 jours :

87 × 42,97 € = 3 738,39 € brut d’IJSS.

Pour quelqu’un qui venait d’un salaire de plusieurs milliers d’euros par mois, l’écart est considérable.

C’est probablement l’une des questions les plus utiles à poser avant de signer : qu’est-ce qui est prévu si je tombe malade pendant ma première année chez vous ?

Et oui, encore une fois, regarder seulement le taux de frais de gestion ne répond pas à cette question.

Après 90 jours, la prévoyance du portage prend le relais

Le régime de branche prévoit une couverture d’incapacité temporaire avec une franchise de 90 jours continus. À l’issue de cette franchise, la garantie conventionnelle correspond à 80% du salaire brut, sous déduction des prestations de la Sécurité sociale.

Pour Thomas, si le salaire de référence retenu était bien de 6 000 € brut mensuels, 80% correspondent à un niveau théorique de 4 800 € brut par mois. Les IJSS ne viennent pas s’ajouter par-dessus : elles sont déduites de la prestation complémentaire.

Le salaire servant au calcul des prestations est fondé sur les rémunérations brutes des douze mois civils précédant l’événement. Le texte prévoit également certaines règles de proratisation liées à l’activité réalisée au cours des douze mois précédents.

Pour un consultant dont le revenu varie beaucoup d’un mois à l’autre, le dernier bulletin de salaire ne suffit donc pas pour connaître précisément la prestation.

La notice remise par la société de portage devient ici indispensable. Elle décrit les garanties réellement souscrites et leurs modalités d’application.

« Vous avez une prévoyance » ne dit pas combien vous serez couvert

Deux sociétés de portage peuvent toutes les deux annoncer une prévoyance tout en proposant des couvertures différentes au-delà du socle conventionnel.

Ce qu’il faut regarder tient en quelques lignes : le délai de franchise, le niveau de revenu garanti, le salaire utilisé comme référence et les éventuelles améliorations apportées au minimum de branche.

Il est également utile de demander comment se passe le traitement d’un arrêt long. Qui saisit l’assureur ? Quand le dossier est-il ouvert ? Quels justificatifs seront demandés ?

On quitte assez vite le discours commercial pour arriver à quelque chose que l’on peut vérifier.

Et la subrogation ?

Il arrive qu’un consultant ne voie aucun versement de la CPAM sur son compte alors qu’il reçoit bien des IJSS.

La société peut pratiquer la subrogation.

Dans ce cas, lorsque les conditions sont réunies, l’Assurance Maladie verse directement à l’employeur les IJSS dues au salarié. L’employeur lui verse le salaire maintenu et les indemnités correspondantes dans le circuit de paie.

La subrogation ne modifie pas, à elle seule, le niveau de protection. Elle modifie surtout le circuit par lequel l’argent arrive.

C’est utile à savoir lorsqu’on essaie de comprendre pourquoi le montant reçu de la CPAM ne correspond pas à ce que l’on attendait : parfois, la CPAM a simplement payé l’employeur.

Portage, SASU, indépendant : qui touche le plus en cas d’arrêt ?

Le salarié porté relève du régime général. Son IJSS maladie ordinaire est plafonnée à 42,97 € brut par jour pour un arrêt débutant à compter de juillet 2026.

Le président rémunéré d’une SASU relève lui aussi du régime général en tant qu’assimilé salarié. La comparaison ne s’arrête donc pas au montant de l’IJSS de base.

Chez les travailleurs indépendants, les règles diffèrent. Un artisan ou commerçant peut percevoir jusqu’à 65,84 € brut par jour en 2026, selon son revenu d’activité annuel moyen.

Pour un professionnel libéral relevant du régime présenté par l’Assurance Maladie, l’IJ peut atteindre 197,51 € brut par jour, avec un revenu annuel moyen retenu dans la limite de trois PASS.

Ces plafonds suffisent à montrer qu’on ne peut pas résumer le sujet par « salarié = mieux indemnisé ».

Ce qui compte ensuite, c’est tout ce qui vient autour : maintien employeur, prévoyance collective ou individuelle, franchise et revenu réellement assuré.

La maladie n’est d’ailleurs qu’un critère parmi d’autres lorsqu’on choisit son statut. Notre comparatif portage salarial vs SASU en 2026 reprend aussi la rémunération, la protection sociale et la gestion de la structure.

Ce qu’il faut vérifier avant d’avoir besoin de la prévoyance

La notice de prévoyance reste le meilleur point de départ.

Quand on la reçoit, il suffit déjà de chercher quelques informations :

  • le délai de franchise en incapacité ;
  • le pourcentage de salaire garanti ;
  • la définition du salaire de référence ;
  • les règles pendant la première année d’ancienneté ;
  • les garanties qui dépassent éventuellement le minimum conventionnel ;
  • le fonctionnement de la subrogation.

Si une société parle de « prévoyance renforcée », ces lignes doivent permettre de comprendre ce qui a réellement été renforcé.

Pour un consultant qui gagne 6 000 € brut, savoir qu’il est « couvert en cas de maladie » reste trop vague. Le cas Thomas montre ce qu’il faut chercher : combien au premier mois, combien au troisième, puis quelle garantie à partir du 91e jour.

Pour qui cette protection compte vraiment ?

Le portage apporte un cadre salarié : régime général, contrat de travail, bulletin de paie et prévoyance collective.

Sur un arrêt long, ces différents étages de protection peuvent représenter plusieurs milliers d’euros.

Sur un arrêt court, le plafond de la CPAM reste faible pour un consultant à haut revenu. Et pendant les premiers mois dans une société de portage, la condition d’ancienneté peut laisser un écart important entre le salaire habituel et les IJSS.

Il est donc assez rationnel de regarder sa prévoyance et son épargne de sécurité dans le même calcul.

Thomas est couvert. Antoine aussi bénéficie des IJSS s’il remplit les conditions. Leurs trois premiers mois d’arrêt n’ont pourtant rien à voir financièrement.

FAQ sur l’arrêt maladie en portage salarial

Pour un arrêt maladie ordinaire débutant à compter de juillet 2026, l’IJSS maximale est de 42,97 € brut par jour. Elle correspond à 50 % du salaire journalier de base dans la limite du plafond applicable.

Non. La CPAM utilise vos salaires bruts des mois précédant l’arrêt, pas votre TJM ni le chiffre d’affaires facturé au client.

Trois jours en principe pour une maladie ordinaire. Les IJSS commencent au quatrième jour. Certaines situations font exception.

Le complément légal dépend de plusieurs conditions, dont au moins un an d’ancienneté dans l’entreprise. Il commence au huitième jour pour une maladie ordinaire. Un dispositif d’entreprise peut prévoir mieux.

Vous pouvez percevoir des IJSS si vous remplissez les conditions de l’Assurance Maladie, mais six mois d’ancienneté ne suffisent pas pour bénéficier du complément légal fondé sur un an d’ancienneté. Il faut alors vérifier la couverture supplémentaire mise en place par votre société de portage.

Le socle conventionnel prévoit une franchise de 90 jours continus, puis une garantie de 80 % du salaire brut sous déduction des prestations de la Sécurité sociale.

Non. Les prestations de Sécurité sociale sont déduites du niveau de garantie prévu par la prévoyance.

Votre employeur pratique peut-être la subrogation. Dans ce cas, il perçoit directement les IJSS de la CPAM pour votre compte lorsque les conditions sont réunies.

Non. Les accidents du travail et maladies professionnelles suivent un régime spécifique. Le plafond de 42,97 € et les trois jours de carence présentés ici concernent la maladie ordinaire.

Avant de signer

Une notice de prévoyance permet souvent de répondre rapidement à trois questions : à partir de quand suis-je couvert, sur quelle base et à quel niveau ?

Selfy peut reprendre le calcul avec vous à partir de votre situation réelle, pour traduire ces garanties avec votre propre salaire plutôt qu’avec un exemple théorique.

Vérifier ma couverture avec Selfy

Lire les derniers articles