

Article mis à jour en juin 2026 - références vérifiées : Code du travail, convention collective nationale du portage salarial du 22 mars 2017.
En portage salarial, vous avez droit aux congés payés. Mais leur fonctionnement n'est pas celui d'un CDI et cette différence, si personne ne vous l'explique avant de signer, vous la découvrez en lisant votre bulletin d'août.
Oui. En portage salarial, vous avez droit aux congés payés comme tout salarié bénéficiant d’un contrat de travail du régime de droit commun. Vous acquérez 2,08 jours ouvrables par mois de travail effectif, soit 25 jours ouvrables pour une année complète. L'indemnité de congés payés est calculée selon la méthode la plus favorable entre la règle du dixième et le maintien de salaire.
La différence avec un CDI “classique” (même si on n’aime pas trop cette façon de distinguer les contrats) ne porte pas sur le droit aux congés, mais sur leur financement : en portage salarial, votre rémunération vient du chiffre d'affaires que vous facturez. Il faut donc savoir comment votre société de portage salarial traite cette indemnité sur le bulletin de paie et le compte d'activité.
Oui, sans ambiguïté. Tout salarié porté acquiert 2,08 jours ouvrables de congés payés par mois de travail effectif, soit 25 jours ouvrables pour une année complète, cinq semaines.
C'est le droit commun des congés payés, posé par l'article L.3141-3 du Code du travail. La convention collective nationale du portage salarial du 22 mars 2017 reprend ce principe sans y déroger.
Dans un CDI, votre employeur maintient votre salaire pendant vos congés. Vous ne facturez rien, vous ne gérez rien. L'argent arrive quand même.
En portage salarial, votre salaire vient directement de ce que vous facturez. Votre société de portage salarial encaisse vos honoraires, prend ses frais de gestion, règle les cotisations et vous verse le reste. Quand il n'y a pas de facturation, il n'y a pas de chiffre d'affaires entrant et selon toute logique, vous n’êtes pas rémunéré.
Vos congés existent bien juridiquement. Cependant l'argent qui les finance doit venir de quelque part : d'une indemnité provisionnée mois par mois. Cela revient à un lissage de votre rémunération organisé à l'avance.
Comme indiqué plus haut, la convention collective nationale du portage salarial hérite son fonctionnement du Code du Travail et prévoit donc deux méthodes de calcul. C'est toujours la plus favorable qui s'applique.
La règle du dixième : l'indemnité est égale à 10 % de votre base brute sur la période d'acquisition, c'est-à-dire la somme des rémunérations brutes perçues pendant les mois où vous avez travaillé.
La règle du maintien de salaire : ce que vous auriez touché si vous aviez continué à travailler pendant vos congés.
Ces deux méthodes sont posées par l'article L.3141-24 du Code du travail. La règle du dixième donne souvent un résultat supérieur pour les consultants dont la rémunération varie d'un mois à l'autre. Mais c'est toujours la comparaison qui prime : c'est le montant le plus élevé qui doit être retenu, sans exception.
Ce "10 %" n'est pas une prime. C'est le mécanisme légal de financement de vos jours de repos, il doit apparaître clairement sur votre bulletin ou votre compte d'activité, pas noyé dans une ligne fourre-tout.
Exemple : vous générez 8 000 € brut sur un trimestre. L'indemnité de congés payés acquise sur cette période est de 800 € brut. Pour aller plus loin sur la transformation du chiffre d'affaires en salaire net, les simulations portage salarial montrent souvent des écarts que cette ligne d'indemnité explique en partie.
La convention collective nationale du portage salarial (article 28) prévoit que l'indemnité de congés payés est "versée au salarié ou précomptée chaque mois". Ce n'est pas une option commerciale, c'est une obligation contractuelle.
En pratique, deux modes de gestion coexistent sur le marché.
Certaines sociétés intègrent l'indemnité dans votre salaire mensuel, au fil de l'eau. Vous la percevez chaque mois, progressivement. Quand vous posez vos congés, vous ne recevez donc pas de rémunération supplémentaire, vous avez déjà été indemnisé en amont.
D'autres la provisionnent et la versent au moment de la prise des congés. Vous pouvez partir deux semaines en août et percevoir une rémunération sur cette période, même sans avoir facturé.
Ces deux modes peuvent exister, à condition d'être cohérents avec votre contrat, votre bulletin de paie et votre compte d'activité. Si vous ne voyez pas cette ligne sur votre bulletin, demandez une explication écrite.
Chez Selfy, par exemple, on vous laisse le choix de piloter vos congés comme bon vous semble (et de modifier ce paramétrage dans le cours du temps, notamment s’il ne répond plus à vos besoins personnels).
Il existe un troisième cas. Certaines sociétés de portage salarial ne versent pas l'indemnité chaque mois, ne la provisionnent pas non plus et ne versent rien le mois où le consultant pose ses congés. Le consultant découvre alors qu'il n'a pas de salaire ce mois-là. Ce fonctionnement contrevient directement à l'article 28 de la convention collective. Il a aussi un avantage commercial évident : ne pas provisionner l'indemnité permet d'afficher un salaire net plus élevé dans les simulations. Le chiffre est attractif à la signature. Il devient un problème en août.
La question à poser avant de signer : "Si je prends deux semaines en août sans facturer, quel est mon salaire net ce mois-là ?" Une réponse vague à cette question est un signal.
Les chiffres ci-dessous sont simplifiés, ils varient selon le TJM, le taux de frais de gestion et la situation personnelle. Ils servent à comprendre la logique.
Un consultant facture 10 000 € HT par mois.
Après frais de gestion et cotisations, son salaire net se situe, dans cet exemple, autour de 5200 €.
→ Ce type d'écart entre TJM et salaire réel est aussi au cœur de ce que montre l'article deux consultants au même TJM avec 1 000 € d'écart sur leur salaire net, les congés payés en font partie.
En août, il pose deux semaines. Il ne facture pas.
Si l'indemnité est versée chaque mois : elle a déjà été intégrée dans ses bulletins précédents. Son compte d'activité reflète une facturation réduite de moitié. Son salaire d'août sera significativement inférieur, sauf si sa paie est lissée contractuellement ou s'il dispose d'un solde disponible.
Si l'indemnité est provisionnée : la réserve accumulée est versée à la prise des congés. L'impact sur son salaire d'août est limité.
C'est aussi pour ça que calculer son TJM en portage salarial doit intégrer les périodes non facturées : vacances, inter-missions, jours de formation. Un TJM construit sans cette variable sous-estime le revenu réel nécessaire.
Congés payés : jours de repos acquis par le salarié porté, à raison de 2,5 jours ouvrables par mois travaillé.
Indemnité de congés payés : somme destinée à rémunérer ces jours de repos, calculée selon la méthode la plus favorable.
Compte d'activité : document qui retrace la transformation de votre chiffre d'affaires en rémunération, c'est là que vous suivez ce qui est encaissé, prélevé et versé.
Solde disponible : montant restant sur votre compte d'activité après frais de gestion, cotisations et versements effectués.
Frais professionnels : dépenses remboursables selon les règles applicables, distinctes de l'indemnité de congés payés.
Avant de signer, ou dès la réception de votre premier bulletin, vérifiez quatre points :
Si vous ne trouvez pas ces éléments par vous-même, demandez à ce qu'on vous les montre sur un bulletin réel.
Comment calculez-vous les congés payés ? La réponse doit mentionner la règle du dixième et la méthode du maintien de salaire et vous indiquer laquelle s'applique dans votre cas.
L'indemnité est-elle versée chaque mois ou à la prise des congés ? C'est ce point qui détermine votre salaire en période sans facturation.
Où est-ce que je le vois sur mes documents ? Sur votre bulletin de paie, sur votre compte d'activité, ou les deux.
Ne confondez pas l'indemnité de congés payés avec les frais professionnels, la prime d'apport d'affaires ou le solde disponible. La convention collective les distingue clairement. Un commercial qui les mélange dans une simulation vous empêche de comparer correctement.
Ce qu'il faut retenir
Les congés payés en portage salarial fonctionnent en deux temps. D'abord, vous acquérez des droits comme tout salarié : 2,0.8 jours ouvrés par mois travaillé. Ensuite, ces droits sont transformés en indemnité de congés payés, calculée selon la méthode la plus favorable entre le dixième et le maintien de salaire.
Ce qui diffère d'un CDI, c'est que cette indemnité est financée par votre activité facturée. La vraie question n'est donc pas de savoir si vous avez droit aux congés, vous y avez droit. C'est de comprendre comment votre société de portage salarial les traite sur votre bulletin, votre compte d'activité et votre salaire le mois où vous ne facturez pas.
Si vous arrivez en portage salarial après une rupture conventionnelle, ce sujet se pose souvent dès les premières semaines : vous avez des droits ouverts, une période de transition à gérer et des arbitrages à faire entre indemnisation et activité. Les congés payés font partie des variables à intégrer dès le départ.
Chez Selfy, ces éléments apparaissent ligne par ligne sur le bulletin et le compte d'activité, parce que c'est une obligation légale et parce qu'un calcul que vous ne pouvez pas vérifier vous-même ne vous protège pas vraiment.

